Naissance d’un ours, « fabrication traditionnelle et contemporaine»

Tout débute par un croquis (de profil) inspiré par un conte en général, rarement de photos  d’ours réels.

 

Ensuite, grâce à ce croquis, je décortique les formes, les dimensions pour aboutir au patron proprement dit, qui est dessiné sur une feuille au départ puis reporté sur un carton souple.

 

Lorsque mon patron me parait correct, je fais d’abord un essai avec du tissu. Le mohair étant très cher, je n’ai pas droit à l’erreur. Là, souvent, des modifications sont apportées !!! Et oui, rien n’est facile !!! Trop gros, trop fin, trop courbé, trop fier, bref, je précise et harmonise ma création.

 


Puis, quand le tout me convient, je reporte mon nouveau patron sur un mohair préalablement « bien » choisi (tous mes mohairs sont de haute qualité : Schulte allemand). Pour faire un choix judicieux, il faut savoir ce que l’on veut obtenir au résultat final donc : mohair à poils court ? mohair à poils moyen ou longs ? ondulés ou raides ?….La couleur est très importante également !

 

La prochaine étape est celle de la découpe : là il faut beaucoup, de concentration, de  patience, du temps devant soi, ne pas être stressée. Et pour cause, la découpe est délicate  parce qu’il faut découper chaque pièce dans le sens du poil, en prenant la précaution de passer le ciseau bien sous le poil (entre le poil et le tissu) sinon, raté…, le poil ne va pas être harmonieux une fois cousu, on va voir des trous par ci par là…

 

Une fois que chaque pièce est découpée, il me faut les assembler. Epingler tous les membres et passer à la couture. Je couds mes créations à la machine à coudre mais pas la totalité. Il est vrai que le point d’une machine est, à mon sens, bien plus solide que le point fait à la main. Mais chacun de mes ours a les semelles faites à la main et idem pour la devant de la gueule. C’est ma façon de faire, j’ai toujours procédé de la sorte.

 

Quand chaque membre de mon ours est cousu, je passe au travail de lestage de mon futur nounours. Je le rembourre de fibres synthétiques de qualité supérieure (fine et laineuse). Je leste également mes ours soit de billes de verres soit de sables soit de grains de blé pour apporter du poids et de la tenue à ma création. Ce travail est physique, il faut serrer très fort les fibres entres elles, surtout au niveau de la tête. Elle doit être dure comme une balle de tennis, pour pouvoir ensuite travailler et sculpter le visage. Cependant, je me permets de laisser un peu de souplesse pour le corps. Je trouve ça plus agréable lorsqu’on prend un ours en main et qu’il a une certaine flexibilité, une maniabilité, ça apporte de la douceur. Cette étape prend du temps, il faut lester l’ours sans faire de bosses disgracieuses qui se verraient forcement sous le mohair. Encore de la patience et de l’énergie à avoir pendant cette phase de travail.

 

Pour l’assemblage, j’utilise des goupilles en métal et des disques de carton que j’incorpore avant la fin du rembourrage, je termine de lester et je couds mes ouvertures.
Je continue mon travail en fixant à ce moment là, tous les membres ensembles. Et là, une jolie silhouette se présente enfin à moi !

 

Je peux finalement passer à mon activité préférée : créer le visage. Pour commencer je fixe mes yeux de verre (je n'utilise que ce produit de qualité offrant une profondeur et une intensité au regard). Pour trouver une harmonie avantageuse, je suis souvent obligée de leur peindre la base inférieure. Les yeux deviennent en fait l'élément moteur pour me lancer dans cette technique de travail que je suis l'une des rares à utiliser : le façonnage de la laine cardée. Je peux passer de 4 à 8 heures pour réaliser la gueule avec cette méthode pointue et peu connue du grand public. les volumes et les creux résultent des nombreux mouvements de piquetage offrant ainsi une bouille plus ou moins arrondie. Mes inspirations du moment me guident pour les sourires et les mentons qui apportent une partie de la personnalité et du caractère à mes ours. Une lèvre plus ou moins gonflée ou encore un joli petit nez rond, oval ou autre... Il en est de même pour certains coussinets conçus parfois en laine cardée.
Tout comme le travail sur mes yeux et celui de la laine cardée, la réalisation d'ombrages influe elle aussi sur le caractère et le tempérament de mes ours.

 

Pour la touche finale, je choisi précisément avec beaucoup de délicatesse mais surtout beaucoup de plaisir chaque accessoire qui rendra mon oeuvre toute craquante et qui saura peut-être vous donner envie d'une adoption.

La véritable naissance de l'ours intervient au moment où je le baptise, je le pèse, je le mesure et que ses papiers sont remplis.

Voilà comment se déroule une naissance chez Marigo !!!!!.

Info : chacune de mes créations est née au sein d’une maison sans fumée.